Patrimoine vivant

La reconnaissance des Marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse par l’UNESCO en tant que patrimoine culturel immatériel (en décembre 2012) représente à la fois une forme de protection et une source de défis majeurs liés à la préservation de leur intégrité.

Le compte-à-rebours
est lancé !

Saint-Feuillen

Les experts mettent en garde contre l’« effet Unesco », qui est le risque principal découlant de cette reconnaissance.

• Instrumentalisation Politique et Touristique : Le patrimoine culturel populaire est particulièrement vulnérable face aux intérêts, notamment financiers, et aux transformations que ces intérêts peuvent imposer. La reconnaissance offre une visibilité qui peut être utilisée comme une « carte de visite touristique » par les pouvoirs publics, ce qui génère des retombées économiques et, par conséquent, une « obligation de résultats ». Le milieu politique, qu’il soit local, provincial ou régional, manifeste un intérêt accru pour ce folklore suite à cette mise en lumière, risquant de s’immiscer dans la tradition, pas toujours de la bonne manière.

• Perte de Spontanéité et Scénarisation : Il existe un risque sérieux de voir la manifestation subir une « marchandisation » et une « scénarisation » (mise en spectacle codifiée) alors qu’elle était à l’origine « spontanée et populaire ». Lorsque les marches deviennent « spectacularisées », cela entraîne l’installation de tribunes, de barrières Nadars, et nécessite le soutien de l’administration communale.

La reconnaissance vise à ce que la tradition reste « vivante » et soit transmise, mais elle confronte la communauté à des choix difficiles concernant l’évolution et la documentation.

• L’Équilibre Tradition vs. Événementiel : Il est difficile de maintenir l’équilibre entre l’aspect événementiel (attirer le public, assurer la logistique, la sécurité) et la fidélité à la tradition. L’enjeu est que les valeurs réelles et l’esprit du folklore soient préservés pour les générations futures.

• Le Rôle des Acteurs : Les garants du folklore (membres de comités ou officiers) doivent être « résistants » et aptes à dire non aux propositions qui menacent l’intégrité de la tradition, au risque de voir « l’âme » de leur marche être « vendue au diable ».

• Tradition Orale vs. Documentation : Une préoccupation soulevée est que la tradition orale — considérée comme un « trésor à préserver » — puisse être compromise par l’obligation de laisser des traces écrites ou documentées. L’écriture de la tradition pourrait inciter les jeunes à ne plus écouter « l’ancien », pensant qu’il suffit de lire le livre, menaçant ainsi la transmission vivante du savoir-faire et du sens.

Le Patrimoine vivant est l’affaire de toutes et tous !